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Au robinet pétrogazier, la Russie ajoute la pression sur la diaspora (Izvestia)

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* Russie * Géorgie * expert *

MOSCOU, 31 octobre - RIA Novosti. En s’attaquant à la diaspora géorgienne, le Kremlin semble roder de nouvelles techniques et de nouveaux instruments de politique extérieure. Au robinet pétrogazier, il a ajouté un levier de pression sur les régimes indésirables dans les pays voisins, écrit Nikolaï Zlobine, directeur des programmes russes à l’Institut de la sécurité mondiale (Washington).

Il faut bien l’avouer, cet outil n’a pas été inventé à Moscou. Il a été souvent utilisé par Washington qui continue de s’en servir activement aujourd’hui. C’est l’Amérique qui a appris à la direction russe actuelle à agir dans l’arène internationale avec cynisme, en mettant de côté la morale et l’éthique et en se retranchant derrière l’expression absconse de "pragmatisme politique". Puisque les Géorgiens sont les seuls à être attaqués, cela prouve que le Kremlin a très bien appris à manier un autre instrument de l’arsenal des élites américaines, à savoir le recours en politique aux doubles, aux triples, voire aux multiples standards.

Cette diversité des règles que certains au Kremlin appellent pudiquement la "diversité des vecteurs" et même la "souplesse" de la politique extérieure poutinienne fait en réalité honneur à Vladimir Poutine personnellement. Sous son influence, les managers du Kremlin commencent à comprendre, quoique avec beaucoup de peine, qu’un pays qui prétend aujourd’hui au rôle d’acteur sérieux sur la scène internationale doit avoir une politique extérieure alambiquée, si vous voulez moralement affranchie, pour se défendre avec efficacité et commander aux autres. Plus il y a de standards dans la politique et plus elle est efficace. Moscou a mis beaucoup de temps à le comprendre. Maintenant c’est Tbilissi qui ne le comprend pas.

L’ironie réside dans le fait que Mikhaïl Saakachvili s’est heurté au fait que la Maison-Blanche, qui soutient la Géorgie, a appris aux locataires du Kremlin, à frapper sans vergogne, sans problèmes de conscience, tous ceux qui cherchent à être battus.

La Russie avait, sans conteste, de belles possibilités non seulement de sortir victorieuse du conflit actuel avec la Géorgie mais aussi de redorer son blason de pays pensant et agissant en stratège et capable de participer efficacement au règlement des problèmes internationaux importants.

Certains experts de Washington ont même soupçonné la Russie d’inciter la Géorgie à aggraver leurs relations afin de pouvoir montrer ensuite au monde entier toute sa sagesse et sa maîtrise de soi de grande puissance. Mais Moscou s’est affairé subitement sous les yeux du monde entier et a perdu la partie, indépendamment du résultat réel du conflit. Pour faire les choses à l’américaine, la Russie devait ou bien être aussi forte que les Etats-Unis, ou bien agir avec plus d’intelligence et de finesse. Le fait qu’on veuille et puisse s’acharner contre les Géorgiens en Russie ne signifie pas qu’on doive le faire à tout prix.

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