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La Chambre de commerce et d’industrie française en Russie fête ses 10 ans
Le mercredi 14 mai 2008
![]() Le développement spectaculaire de la Chambre de commerce et d’industrie française en Russie témoigne d’une croissance régulière de l’activité des entreprises françaises sur le marché russe. En effet, le nombre de ses adhérents a presque doublé durant ces six derniers mois. La Chambre de commerce et d’industrie française en Russie a vu le jour il y a 10 ans. A l’époque, elle était connue sous nom de « Club France ». Son président, M. Pavel Chinsky, dans son interview au magazine Expert.ru, raconte les débuts de la Chambre en Russie, ainsi que les perspectives de son développement. EXPERT : M. Chinsky, il y a 18 mois, « Club France » a changé de statut en devenant la Chambre de commerce et d’industrie française. Quelles en sont les raisons ? M. Pavel CHINSKY : Notre activité a débuté en 1998, en pleine période de la crise dans le pays. C’était une époque très difficile pour les entreprises françaises en Russie. L’année 2000 a marqué la renaissance de l’économie nationale et l’entrée des grands comptes français sur le marché russe. Ainsi, nous avons pris la décision d’intégrer le réseau des Chambres de commerce et d’industrie françaises dans le monde afin de pouvoir avoir accès à l’information pertinente que nous mettons ensuite à disposition de nos adhérents. Cette décision stratégique s’est avérée efficace, car le nombre d’adhérents a presque doublé dans l’espace des six derniers mois en passant de 130 à 200 entreprises. E. : Comment expliquez-vous l’accroissement de l’activité des entreprises françaises en Russie ces derniers temps ? P. CH. : Tout d’abord, il s’agit de l’amélioration de la conjoncture économique et de la stabilité politique en général. La Russie est devenue « un terrain conquis » pour beaucoup d’entreprises françaises présentes dans le pays depuis des années. Par conséquent, l’expérience réussie de ces entreprises sur le marché russe sert de levier pour les autres. Prenons l’exemple du groupe Auchan dans le secteur de la grande distribution. D’autres sociétés du groupe, comme Leroy Merlin, Décathlon et Norauto ont suivi leur société-mère quelques années plus tard après l’implantation du premier hypermarché Auchan en Russie. Par ailleurs, le groupe Carrefour envisage actuellement de pénétrer le marché russe de la grande distribution. Dans l’industrie automobile, le groupe Peugeot suit l’exemple de Renault en lançant la construction de son usine en Russie. En ce qui concerne le secteur bancaire, deux grands acteurs français, la Société Générale et le BNP Paribas, voient leur activité se croître en Russie. E. : Quels sont, à votre avis, les principaux objectifs de la Chambre de commerce et d’industrie en Russie et comment accompagnez-vous les entreprises françaises sur le marché russe ? P. CH. : Tout d’abord, dans le cadre du programme « Hautes technologies françaises » qui fait partie de la Campagne Image de la France, la Chambre développe des partenariats avec des régions de Russie. En effet, à notre avis, les régions de Russie représentent un potentiel important pour les entreprises françaises. Cette Campagne a donc pour but d’organiser de diverses manifestations et événements visant à promouvoir les innovations technologiques à forte valeur ajoutée des entreprises françaises auprès de leurs partenaires russes. Ainsi, nous avons organisé une visite des entrepreneurs français dans la région d’Omsk (NDLR : voir Actualités du 14 mai 2008). Par ailleurs, nous envisageons de faire découvrir la région de Sud de la Russie aux entreprises françaises, notamment la ville de Volgograd. En effet, la région est particulièrement attractive pour les investisseurs étrangers vue sa proximité géographique aux marchés de l’Europe du sud et son potentiel agricole. Enfin, notre projet prioritaire étant Sotchi-2014, nous ouvrons notre bureau de représentation dans la ville de Sotchi afin de faciliter les démarches des investisseurs français dans de nombreux projets olympiques. E. : Les entreprises russes sont de plus en plus nombreuses à adhérer la Chambre. Comment expliquez-vous cette tendance ? P.CH. : En effet, les entreprises russes cherchent à développer leur base de clientèle par le biais des acteurs étrangers présents sur le marché russe. Cette tendance est souvent observée dans le domaine des services. Ainsi, les sociétés russes comme MTS (NDLR : secteur de la téléphonie mobile) et « Rossgosstrakh » (NDLR : secteur des produits d’assurance) ont développé les offres de leurs services à destination des expatriés travaillant en Russie. Nous espérons donc de voir naître un jour la Chambre de commerce et d’industrie franco-russe en Russie. E. : Quels sont, à votre avis, les difficultés que les entreprises françaises rencontrent le plus souvent en décidant de se lancer sur le marché russe ? P. CH. : Premièrement, il s’agit des formalités administratives. En Russie, comme dans beaucoup d’autres pays, les obstacles bureaucratiques sont assez importants. Nous essayons donc de faciliter les démarches administratives pour les entreprises françaises, notamment en ce qui concerne l’obtention des visas d’affaires dans le cadre du programme « Visas d’affaires ». Par ailleurs, nous organisons des séminaires et des conférences abordant de différents sujets de la législation russe qui ont pour but d’informer les entrepreneurs français des dernières modifications dans ce domaine. Malheureusement, il existe, à ce jour, des stéréotypes sur les deux pays restant de l’époque de la guerre froide. Nous devons souvent expliquer aux entrepreneurs français que la Russie n’est pas un pays où on tire dans la rue… Le dialogue bilatéral entre les entreprises russes et françaises est donc indispensable pour mener à bien la coopération entre nos deux pays. /B_rubrs1> |
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