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La Russie est l’un des pays les moins endettés du monde (Vedomosti)
Le mardi 22 août 2006
![]() MOSCOU, 22 août - RIA Novosti. La Russie a clôturé une affaire historique en remboursant, avant l’échéance, 22,5 milliards de dollars au Club de Paris. A présent, sa dette publique ne dépasse pas 9% de son PIB, ce qui est l’un des plus bas indices du monde. D’après les données de S&P, en 2005 la dette publique de l’Allemagne s’élevait à 68% du PIB, celle de la France à 66%, celle des Etats-Unis à 53%, celle de la Grande-Bretagne à 43%, celle de la Norvège à 36%, celle de l’Australie à 12%, celle du Kazakhstan à 10% et celle de Hong Kong à 2%. Les spécialistes espèrent que le remboursement anticipé va rapprocher l’attribution d’une note de crédit plus élevée à la Russie et la création d’un fonds des générations futures. "La Russie a cessé d’être un pays débiteur", a annoncé avec orgueil le ministère russe des Finances dans un communiqué de presse diffusé hier. Le pays a transféré 22,5 milliards de dollars aux pays membres du Club de Paris et a ainsi éteint complètement ses obligations envers 17 Etats créanciers. D’après les calculs du ministère des Finances, compte tenu du versement anticipé effectué l’année dernière à hauteur de 15 milliards de dollars, le pays économisera sur le service des intérêts 12 milliards de dollars d’ici à 2020. "Nous avons pratiquement annihilé les conséquences de la cessation de paiement de 1998", affirme l’économiste chef d’Ouralsib, Vladimir Tikhomirov. En 1998 la dette publique avait atteint son pic : 146,4% du PIB. Le 1er janvier 2000, la dette extérieure se montait à 146 milliards de dollars et représentait, avec la dette intérieure, 84% du PIB. Après le règlement au Club de Paris, ces indices sont respectivement de 53 milliards de dollars et de 9% du PIB, annonce avec satisfaction le ministère des Finances. Une source au sein du Club de Paris a salué l’achèvement de l’affaire mais n’a pas pu dire si cela influerait sur le statut de la Russie dans le club. Depuis son adhésion en 1997, elle en est membre à part entière et bénéficie de tous les droits qui en découlent, explique l’ex-vice-premier ministre Mikhaïl Zadornov, aujourd’hui président du conseil d’administration de la banque VTB-24. Par exemple, lorsque la Russie a connu des difficultés pour se faire rembourser par le Vietnam, l’appartenance au Club de Paris l’a aidée à obtenir une restructuration de la dette vietnamienne, rappelle M. Zadornov. La composante dominante de la politique du club est l’effacement des dettes des pays les plus pauvres, et l’URSS créditait principalement ce genre de pays, ajoute un autre ex-vice-premier ministre russe, Alexandre Chokhine, aujourd’hui président de l’Union des industriels et des chefs d’entreprise de Russie. "En d’autres termes, dans cette affaire, notre gain est plutôt moral que financier", a-t-il résumé. Vladimir Tikhomirov et Nikolaï Podgouzov, analyste de la banque Trust, espèrent que le dernier règlement effectué envers le club rapprochera une révision de la note de la Russie. Les trois plus grandes agences de notation lui ont attribué chacune une note d’investissement : BBB+ (Fitch), BBB (S&P) et Baa2 (Moody’s). La note souveraine de Fitch continuera de refléter l’équilibre entre la position financière de la Russie qui s’améliore et les risques inhérents aux problèmes structurels, a estimé, avec prudence, Edward Parker, directeur du département de la dette souveraine chez Fitch. Un remboursement anticipé n’est pas un événement ayant pour effet direct une modification de la note, cela dépend beaucoup plus des réformes économiques, affirme pour sa part Moritz Kraemer, analyste crédit chez S&P. Les agences prêtent davantage d’attention au climat d’investissement, aux réformes structurelles et aux risques politiques liés aux prochaines élections, souligne Mikhaïl Zadornov qui ne s’attend pas à un relèvement de la note dans l’avenir le plus proche. Fitch, qui s’est montrée la plus optimiste sur la solvabilité de la Russie en relevant sa note en juillet, a fait remarquer au sujet des risques : "On ne doit pas tenir pour acquis que la passation du pouvoir (au successeur du président Vladimir Poutine) se déroulera sans accroc". RIAN News Service (French Language) /B_rubrs1> |
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