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La Russie ne tirera pas grand-chose de l’adhésion à l’OMC (Kommersant)
Le vendredi 17 novembre 2006
![]() * Russie * OMC * adhésion * pourparlers * MOSCOU, 17 novembre - RIA Novosti. Les présidents russe et américain annonceront après-demain l’achèvement des pourparlers bilatéraux sur l’adhésion de la Russie à l’OMC. Cela signifiera que la Russie a franchi toutes les étapes menant à son entrée dans cette organisation. La Russie avait lancé ce processus en 1993. Dès 2001, le président Vladimir Poutine déclarait dans son message au parlement : "Nous devons parvenir aux principales ententes avec les pays membres de l’OMC vers la fin de cette année". Les experts évaluaient alors de façon relativement optimiste les perspectives d’intégration de la Russie au commerce mondial. Après la crise financière de 1998, le rouble s’est affaibli et le montant des salaires a baissé, ce qui a assuré aux producteurs nationaux un avantage considérable. Parallèlement, le processus d’adhésion a été prolongé de cinq ans. Entre-temps, la situation dans l’économie russe a radicalement changé. Grâce à l’arrivée de pétrodollars, les revenus de la population se sont accrus et le rouble s’est renforcé, ce qui a porté un double coup aux exportateurs russes : l’accroissement du coût de la main d’oeuvre a fait monter les prix des produits pour les consommateurs étrangers. En fin de compte, le Forum économique mondial enregistra une chute de 20 points de l’indice de compétitivité des entreprises russes, le pays passant de la 58e à la 79e place de 2001 à 2006. Entre 2001 et 2005, l’exportation de machines, de moyens de transport et d’équipements a progressé de 41% en volume. En terme de revenus, elle est passée de 10,5 à 13,5 milliards de dollars, soit un accroissement de seulement 19% (compte tenu de l’inflation). Cela signifie que la rentabilité moyenne de l’exportation est en baisse : en cinq ans, la Russie a commencé à vendre plus d’articles de constructions mécaniques, mais à un prix plus bas. L’adhésion à l’OMC qui pourrait, comme on le supposait en 2001, faciliter l’exportation d’articles de construction mécanique russes dans les conditions de la concurrence, n’apportera par conséquent pas de dividendes importants dans la situation actuelle. Les pays de la CEI (Communauté des Etats Indépendants), principaux destinataires des exportations, ne sont pas membres de l’OMC. L’exportation de matières premières ne souffre pas du protectionnisme. Quant à l’exportation hors-CEI de produits de construction mécanique, à en juger par les statistiques, son accroissement n’est dû qu’à la baisse des prix. Le problème réside dans le fait que le modèle actuel de développement de l’économie russe est orienté sur la hausse de la demande intérieure, assurée par les recettes provenant de l’exportation de matières premières. Dans ce modèle, la Russie tirera des dividendes minimaux de son adhésion à l’OMC. Seules la métallurgie et l’industrie chimique y gagneront beaucoup. L’adhésion à l’OMC facilitera, enfin, l’accès des producteurs étrangers au marché russe. Tout cela ne signifie nullement qu’il ne faut pas adhérer à l’OMC. Tout simplement, dans le cadre de l’OMC, ceux qui disposent de ce qui peut être proposé sur les marchés étrangers bénéficient d’avantages maximums, et inversement, ceux qui n’élargissent pas leur panel de produits et leurs exportations y gagnent beaucoup moins. /B_rubrs1> |
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