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La Russie risque de redevenir allergique aux capitaux privés (Biznes)
Le mardi 1er août 2006
![]() MOSCOU, 1er août - RIA Novosti. Les maîtres d’ouvrage des sites infrastructurels financés par le fonds d’investissement ne peuvent être que des ministères et des départements publics, a déclaré lundi soir le patron du ministère russe du Développement économique et du Commerce (MERT), Guerman Gref. Cependant, les experts doutent de l’efficacité du contrôle public des moyens du fonds d’investissement. De l’avis de Guerman Gref, à l’étape de la construction des ouvrages infrastructurels le contrôle public est nécessaire pour qu’il "soit impossible de faire de l’argent". Pour préserver les deniers publics il propose un procédé somme toute banal : autoriser les ministères et les départements à intervenir en tant que maîtres d’ouvrage des sites infrastructurels et confier aux monopoles la gestion de ces sites ou leur permettre d’en devenir les propriétaires après la fin des travaux. "Ces dernières années le gouvernement prend manifestement ses distances avec le modèle libéral de gestion économique et tend de plus en plus à renforcer le rôle de l’Etat, aussi les propos tenus par Guerman Gref n’ont-ils rien d’étonnant", déclare Anton Stroutchenevski, analyste de la société de placement Troïka Dialog. L’inquiétude des fonctionnaires quant à la préservation des moyens du fonds d’investissement est pleinement justifiée. En 2006, le fonds d’investissement se chiffre à 69,7 milliards de roubles (environ 2 milliards d’euros). En 2007, les 95,8 milliards de roubles prévus pourraient passer à 200 milliards de roubles. Les experts jugent différemment l’initiative du MERT. "Le sens de la mesure doit être présent partout, y compris dans la régulation publique. Sinon la Russie risquerait de redevenir un pays allergique aux capitaux privés et à l’entreprise privée", dit Pavel Kirillov, directeur des opérations de la Banque russe de développement. La structure opaque des dépenses, propre à de nombreuses sociétés commerciales, interdit au gouvernement de leur confier des fonds budgétaires, fait remarquer Ioulia Tsepliaïeva, chef du service d’analyse de ING Bank. Cependant, le schéma proposé par le ministre lui aussi comporte des lacunes, estime-t-elle. "Les structures publiques n’ont jamais été des propriétaires diligents et des gestionnaires efficaces, c’est pourquoi le taux de gaspillage des moyens du fonds d’investissement reste assez élevé", souligne Ioulia Tsepliaïeva. Alexeï Kalinine, consultant de la société d’audit Razvitie biznessistem, pense de son côté que les fonctionnaires pourraient être tentés de faire traîner en longueur la réalisation des ouvrages infrastructurels et de réclamer des "rallonges" supplémentaires pour achever les travaux. RIAN News Service (French Language) /B_rubrs1> |
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