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La diversification des livraisons de gaz russe reportée à plus tard (Kommersant)
Le mercredi 11 octobre 2006
![]() * Russie * gaz * livraisons * MOSCOU, 11 octobre - RIA Novosti. Moscou a annoncé des modifications importantes dans sa stratégie énergétique. Après avoir renoncé à toute participation étrangère à la mise en valeur du champ de gaz de Chtokman, il a décidé d’utiliser le futur gaz de ce gisement pour remplir le Gazoduc nord-européen. Ces décisions du Kremlin signifient que les richesses du sous-sol russe seront exploitées sans l’aide de sociétés étrangères et que la diversification des livraisons de gaz, si longtemps évoquée par Gazprom, est reportée à plus tard. La Russie a décidé de ne pas s’installer sur le marché américain et l’usine de GNL ne sera pas construite, du moins pendant la première étape de la réalisation du projet Chtokman. En même temps, le chantier de l’usine de GNL à Sakhaline qui devrait être mise en service en 2008 et commencer d’approvisionner les marchés d’Asie est en péril à cause du scandale autour du projet Sakhaline-2. Les perspectives de construction d’une nouvelle usine analogue mais moins puissante à Oust-Loug restent vagues, affirme la directrice du Centre d’étude des marchés énergétiques auprès de l’Académie des sciences de Russie, Tatiana Mitrova. La Rice University américaine prédisait qu’à l’horizon de 2020 la Russie occuperait 22% du marché mondial du GNL. Il va falloir revoir ces prévisions. La Russie mise toujours sur les gazoducs, comme il y a 30 et 40 ans. Mais dès maintenant, près de 25% du gaz sont vendus à l’état liquide sur les marchés internationaux et cette part ne cesse d’augmenter. Le marché gazier dans son ensemble s’accroît au rythme de 2 à 3% par an et celui du GNL de 7 à 8%. Selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la part du GNL dépasserait 50% dans les vingt à vingt-cinq années à venir. Actuellement la majeure partie du GNL est consommée en Asie mais, d’après l’AIE, l’Amérique du Nord la rattrapera et l’Europe la dépassera d’ici vingt ans. Autrement dit, alors que la Russie mise sur le transport traditionnel de gaz par les canalisations et sur des contrats à long terme avec l’Union européenne, son partenaire traditionnel, cette dernière se tourne vers un autre marché où la Russie est actuellement absente. A mesure que la part du GNL augmentera, le marché gazier européen sera de moins en moins le "marché du vendeur" en raison de la diversification des livraisons et du passage aux contrats à court terme. Alors, la Russie qui s’emploie à entortiller l’Europe dans son réseau de canalisations sera beaucoup plus dépendante de ces gazoducs et des clients européens que l’Europe ne dépend aujourd’hui de la Russie. RIAN News Service (French Language) /B_rubrs1> |
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