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La part secrète du budget (Vedomosti)

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* Russie * budgets * dépenses secrètes *

MOSCOU, 20 septembre - RIA Novosti. La part des dépenses secrètes du budget russe s’accroît d’année en année, constate l’Institut d’économie de la période transitoire.

Si, en 2003, elle constituait 9,5 %, en 2007, elle a atteint 12,2 %. En chiffres absolus, de même que les autres dépenses budgétaires, les dépenses secrètes ont triplé, passant de 225,34 milliards à 666,12 milliards de roubles (un euro équivaut à 34 roubles). Les dépenses pour la défense nationale (en cinq ans, la part des articles secrets est passée de 36,2 % à 45,6 %), pour la sécurité et l’activité judiciaire (de 22,4 % à 31,3 %) sont entourées d’un secret grandissant. Il y a des dépenses secrètes même dans les chapitres sociaux (les services communaux, l’éducation, la culture, le cinéma, les médias, la santé et le sport).

La part des dépenses secrètes du budget augmente, pour l’essentiel, grâce à l’accroissement des dépenses de défense et de sécurité, explique Youri Simatchev, vice-directeur du Centre analytique intersectoriel. Une source au ministère de la Défense affirme que l’augmentation des articles secrets s’explique, en premier lieu, par l’accroissement des achats encore "absents il y a cinq ans". Par exemple, la construction de sous-marins atomiques porteurs de missiles du projet 955 et la mise au point de nouveaux missiles balistiques Boulava pour ces submersibles touchent à leur fin, la création de nouveaux missiles X-555 et X-101 pour l’aviation stratégique et la préparation des régions pour le stationnement des missiles intercontinentaux Topol-M exigent beaucoup d’argent. Quant aux chapitres sociaux, les articles secrets sont apparus, parce que la Banque mondiale a recommandé en 2005 de soustraire certaines dépenses de l’article "défense" : par exemple, inscrire les hôpitaux militaires dans l’article "santé", les écoles des cités militaires, dans l’article "éducation", etc.

Les législateurs sont au courant des dépenses des deniers publics, affirme Igor Roudenski, vice-président du Comité budgétaire de la Douma (chambre basse du parlement russe). Les articles secrets suscitent toujours des débats animés au Comité, ces dépenses sont bien contrôlées, assure-t-il. Les experts n’en sont pas aussi sûrs. Le secret crée des possibilités croissantes pour la corruption, estime Konstantin Makienko, expert du Centre d’analyse des stratégies et des technologies. L’opacité et le manque de contrôle entraînent l’inefficacité des dépenses de l’Etat et leur accroissement anarchique, fait remarquer Youri Simatchev. D’ailleurs, il n’est pas nécessaire de dissimuler les dépenses pour les hôpitaux et les écoles, estime Alexandre Morozov de HSBC Bank : "Cela n’intéresse pas nos adversaires".

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