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Le poulet, nouvel obstacle à l’intégration de la Russie dans l’économie globale (Novye Izvestia)

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MOSCOU, 21 août - RIA Novosti. La réaction des Etats-Unis à la démarche du ministère russe du Développement économique et du Commerce qui a menacé de revoir les conditions des importations de poulets américains si la Russie n’était pas admise à l’OMC n’a pas été inattendue. Moscou s’est vu promettre de nouveaux problèmes qui feraient durer les négociations jusqu’en 2009. D’ailleurs, les experts considèrent que cette dispute n’est qu’un marchandage qui n’aura aucun impact sur le processus de négociation.

Les spécialistes approuvent dans leur majorité la dureté du ton mais doutent qu’elle puisse être durable. "Un pareil face-à-face a déjà eu lieu lorsque nous avions interdit l’importation de pilons de poulets américains. Mais nous avions alors flanché au dernier moment", a rappelé le directeur scientifique de l’Institut des problèmes de la mondialisation, Mikhaïl Deliaguine. Pour le président du Conseil pour la défense et la politique extérieure, Sergueï Karaganov, le dénouement sera le même. "Ce qui se passe aujourd’hui est un marchandage normal. Pour la Russie, peu importe d’être admise à l’OMC. Ce n’est pas un objectif prioritaire comme auparavant. En même temps, l’Amérique n’a pas intérêt à nous mettre des bâtons dans les roues et à refuser net notre entrée à l’OMC".

La détermination des fonctionnaires russes disparaîtra sous l’influence du fait qu’il s’agit pratiquement d’un produit de première nécessité. Certes, la production nationale ne cesse de se développer et le poulet national ne manque pas sur le marché, mais en l’absence de livraisons américaines, souvent fournies à prix dumping, le prix du poulet russe risque de rattraper celui du boeuf, déjà rare sur la table de la population peu fortunée du pays.

Pour cette raison les spécialistes estiment que le conflit ne débordera pas la sphère diplomatique et ne touchera pas celle du commerce. "La Russie s’efforce d’entrer à l’OMC. Les Américains en profitent pour lui poser des conditions toujours nouvelles. Nos fonctionnaires sont contrariés de cette circonstance, d’où une nouvelle série d’attaques mutuelles. Ici, peu importe de savoir qui sera le premier à jeter l’éponge. L’important, c’est qu’il sera très difficile de s’entendre en s’accusant mutuellement", a déclaré Mikhaïl Deliaguine. Sergueï Karaganov a pour sa part estimé que cela serait difficile dans tous les cas : "Ils nous ont promis des problèmes, mais nous en avons déjà plus qu’il n’en faut". RIAN News Service (French Language)

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