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Poutine et le casse-tête de l’inflation (Vedomosti)
Le jeudi 24 août 2006
![]() MOSCOU, 24 août - RIA Novosti. Le renforcement du rouble a été interprété ces derniers temps comme le résultat d’une politique préméditée. Lorsque l’inflation a commencé à s’accélérer en hiver, le président et le premier ministre ont posé aux fonctionnaires habilités la mission de la juguler. Puisque la vielle méthode éprouvée - la réduction des dépenses budgétaires - s’est avérée inacceptable du point de vue politique, une issue a été trouvée - à contrecoeur - dans le renforcement du rouble. Ces jours-ci, Vladimir Poutine a brouillé les cartes. Comme il l’a appris après ses contacts avec les hommes d’affaires, la politique de renforcement du rouble peut nuire à l’économie russe. En fait, une triple tâche a été posée à la Banque centrale et au gouvernement : ne pas admettre la croissance de l’inflation, empêcher le renforcement du rouble et continuer à augmenter les dépenses de l’Etat. Par conséquent, il faut s’attendre à une saison politique intéressante. Sinon des démissions, de sérieux échecs sont garantis : la tâche posée par le président est irréalisable. L’accroissement des exportations assurant l’arrivée croissante de pétrodollars est une cause de difficultés et une source de possibilités. En 2007 les dépenses de l’Etat devront augmenter de plus de 26%. L’inflation est prévue au niveau d’environ 8%, donc l’accroissement réel des dépenses ne sera que de 16 à 17%. Mais cela dépasse considérablement la croissance prévue du PIB : 6%. Autrement dit, les dépenses de l’Etat s’accroîtront 10 à 11% plus rapidement que l’économie russe. L’écart ne peut être comblé que par les surprofits pétroliers. Le ralentissement des taux de croissance du PIB par rapport aux taux d’accroissement des dépenses et d’augmentation de la consommation continuera à contribuer à l’accroissement des importations. Quelle sera alors la situation du rouble ? Mais si, malgré l’accroissement des dépenses de l’Etat, l’objectif de ne pas admettre le renforcement du rouble est posé à la Banque centrale, elle sera contrainte d’acheter des dollars aux exportateurs et d’accumuler les réserves. Pour acheter des devises étrangères, il faut émettre sans cesse de la monnaie nationale, ce qui alimente l’inflation qui doit être combattue par la BC. Si l’on ne renonce pas à l’une des tâches posées, on restera dans l’impasse : l’équation ne peut être résolue qu’en maintenant deux termes. Le moyen le plus simple et le plus acceptable du point de vue politique est d’adopter une politique du rouble fort : cela compliquera la vie aux exportateurs, mais l’économie russe dans son ensemble n’en pâtira pas beaucoup. A l’avenir, il sera possible de résoudre les trois tâches : cela implique une croissance substantielle du PIB permettant d’augmenter les dépenses sans renforcement du rouble et sans inflation galopante. Mais pour atteindre ce résultat demain, l’Etat doit renoncer aujourd’hui à quelque chose. RIAN News Service (French Language) /B_rubrs1> |
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