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Que doit faire la Russie de ses "dettes odieuses" ? (Vedomosti)

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* Russie * dettes * remboursement *

MOSCOU, 29 septembre - RIA Novosti. Si la Russie rembourse avec succès sa dette extérieure, elle n’arrive pourtant pas à obtenir le remboursement par d’autres Etats de leurs dettes envers l’URSS. Le premier ministre Mikhaïl Fradkov est arrivé jeudi à La Havane en vue de débattre du développement des rapports économiques et commerciaux russo-cubains. Le premier ministre espère "parvenir à une entente sur le règlement de la dette cubaine à la Russie", lit-on sur le site du gouvernement russe.

Mais c’est un cas presque désespéré. Les demandes russes à Cuba pour le remboursement d’environ 20 milliards de dollars de la dette cubaine ont entraîné des réclamations réciproques de 30 milliards de dollars de la part de La Havane. A un moment donné, en réponse à la proposition de Vladimir Poutine de régler le problème de la dette envers le Club de Paris, Cuba avait proposé à la Russie de verser 200 millions de dollars par an pour la location du Centre russe d’écoute radio-électronique à Cuba. Le président russe avait alors fermé le centre.

L’histoire cubaine a ceci d’exceptionnel que le régime qui avait emprunté de l’argent à l’URSS est toujours au pouvoir sur l’île. Pour la majeure partie des autres pays débiteurs, le pouvoir a changé, parfois même à plusieurs reprises, et de nombreux gouvernements ne reconnaissent pas les vieilles dettes.

La Fondation britannique pour une Nouvelle Economie (NEF) a rédigé un rapport au sujet des "crédits odieux". Les experts de la NEF qualifient de dettes "odieuses" celles qui ont été contractées par des régimes dictatoriaux ou très corrompus.

La NEF estime qu’il convient de parler moins de "dettes odieuses" que de "crédits odieux". Ce genre de crédits sont dépensés, dans la plupart des cas, par la famille du dictateur. En fait, les débiteurs sont des particuliers qui n’auraient pas reçu d’argent dans d’autres circonstances. C’est pourquoi la NEF invite à annuler entièrement les "dettes odieuses". Il en va autrement des régimes "odieux". On peut être certain que les "crédits odieux" constituent une partie considérable des 73 milliards de dollars, somme de la dette de divers pays envers la Russie au 1er janvier 2006. Mais la Russie, successeur de l’URSS, ne reconnaît pas le caractère "odieux" du pouvoir soviétique. Par conséquent, les dettes envers la Russie "ne sont pas odieuses", et elles doivent être remboursées.

Cependant, leur remboursement est plus que douteux. Dans certains cas, il vaut mieux rayer une dette et recevoir quelque chose en échange : des actifs ou l’accès au marché, comme cela a été le cas lors de l’annulation de la dette de l’Algérie. On essaie d’agir de la même façon à l’égard de la dette irakienne : le gouvernement russe essaie d’obtenir, en échange d’une remise, le retour des compagnies pétrolières russes en Irak. Une dette sans espoir "du passé", fût-elle "odieuse", reste tout de même un élément de négociations pour l’avenir. RIAN News Service (French Language)

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